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lundi 31 juillet 2023

Les noms des jours de la semaine : un héritage païen

Avez-vous déjà noté les étonnantes similitudes et correspondances symboliques entre les noms que portent les jours de la semaine dans les différentes langues européennes ? Au-delà des évidentes parentés entre les langues de souche germanique (comme par exemple l'anglais et l'allemand), force est de constater, à quelques exceptions près, leurs remarquables concordances sur le plan symbolique, non seulement de par les noms des planètes auxquelles chaque jour fait référence, mais également et surtout de par les divinités et leurs attributions qui y sont associées.

Pour ne prendre qu'un exemple très simple, examinons de plus près les correspondances de ces noms entre trois langues européennes bien connues, le français, l'anglais, et l'allemand :


Français : Lundi ("Jour de la Lune")

Anglais : Monday ("Jour de la Lune")

Allemand : Montag ("Jour de la Lune")


Français : Mardi ("Jour de Mars", dieu de la guerre)

Anglais : Tuesday ("Jour de Tyr", dieu de la guerre)

Allemand : Dienstag ("jour de Thincsus", dieu de la guerre)


Français : Mercredi ("Jour de Mercure")

Anglais : Wednesday (Woden's Day, "Jour de Woden" => correspondance Mercure-Woden/Wodan/Wotan/Odhinn/Odin)

Allemand : Mittwoch ("Milieu de la semaine" => sans correspondance)


Français : Jeudi ("Jour de Jupiter", dieu de la foudre)

Anglais : Thursday ("Jour de Thor", dieu de la foudre)

Allemand : Donnerstag ("Jour de Donar/Thor", dieu de la foudre)


Français : Vendredi ("Jour de Venus", déesse de l'amour)

Anglais : Friday ("Jour de Freya", déesse de l'amour)

Allemand : Freitag ("Jour de Freya", déesse de l'amour)


Français : Samedi ("Jour de Saturne")

Anglais : Saturday ("Jour de Saturne")

Allemand : Samstag ("Jour de Saturne")


Français : Dimanche ("Dominus Dies", interprétation chrétienne tardive où le Dieu biblique remplace le Dieu Soleil)

Anglais : Sunday ("Jour du Soleil")

Allemand : Sonntag ("Jour du Soleil")


Loin d'être le fruit de coïncidences liées aux hasards de l'évolution linguistique, ce fait en apparence anodin ne l'est pas du tout, puisqu'il illustre non seulement la pérennité des symboles mythologiques païens jusqu'à l'époque actuelle , mais aussi et surtout les étroites affinités spirituelles et culturelles ayant persisté de tout temps entre les divers peuples apparentés par l'indo-européanité (quelles que soient les branches auxquelles se rattachent leurs langues respectives : germaniques, latines, celtiques, etc).

Hans CANY


Ci-dessous : Semainier gallo-romain de Trèves, Allemagne.
On y reconnait les divinités associées aux jours successifs de la semaine :Saturne (Samedi), Helios/Apollon/Sol (Dimanche), Luna/Diane (Lundi), Mars (Mardi), Mercure (Mercredi). Les petits trous situés sous chaque divinité servaient à planter des bâtonnets indicateurs.



dimanche 20 novembre 2022

Celtes d'Ukraine ?

"UKRAINE CELTIQUE" : NÉCESSAIRE MISE AU POINT

S'il semble historiquement attesté que certaines portions (a priori exiguës) de ce qui devint bien plus tard le territoire ukrainien ont jadis pu être terres celtes pendant un temps - ce que nul ne saurait contester sérieusement à la lumière des découvertes effectuées in situ , il importe toutefois de préciser que tel n'est plus du tout le cas depuis au moins quinze siècles voire plus, le substrat ethnique scythe, puis les superstrats successifs khazar, varègue et surtout slave y ayant balayé la moindre trace de celticité depuis belle lurette. La population actuelle de l'Ukraine n'a donc absolument aucun lien avec celle des temps celtiques, et il convient donc pour le moins de cesser de fantasmer à ce sujet. N'en déplaise à certains, l' "Ukraine celtique", appellation d'ailleurs anachronique (et donc très discutable) du fait que la notion même d'Ukraine n'existait tout simplement pas à l'époque de la présence des Celtes dans cette région, ne relève plus de nos jours que de l'histoire ancienne et de l'archéologie. En guise de conclusion, on retiendra donc qu'au-delà des exaltations partisanes de tous ordres, l'héritage "celtique" de l'Ukraine contemporaine reste somme toute à relativiser.

Hans Cany



mercredi 8 juillet 2020

Des runes et des Francs



On a longtemps cru que les Francs, avant leur intégration au monde romanisé, ignoraient l'écriture. Or, la découverte d'une inscription runique gravée sur le cadre métallique d'un fourreau d'épée, effectuée en 1996 e.v. dans un champ à Bergakker, aux Pays-Bas, est venue balayer cette croyance erronée. Cette inscription en langue franque (francique, ou vieux-francique), datée d'environ 425-450 e.v. correspond, à une rune près, à l'ancien Futhark.

Le philologue Bernard Mees en donne la lecture suivante : haþuþȳwas ann kusjam logūns, ce qui d'après son interprétation correspond au néerlandais moderne : « (van) Haþuþȳw. Ik(hij?) gun(t) een vlam (zwaard) aan de uitverkorenen », ce qui pourrait signifier: "de la part de Hathuthuuw. Je souhaite cette épée à l'élu????" ("Que cette épée, qui appartient à moi Hathuthuuw, transperce celui dont ce sera le destin ????"); il admet toutefois que le sens d'un certain nombre de caractères n'est pas très clair. Il souligne ensuite que la forme des mots présente toutes les caractéristiques qui correspondent à ce qui devait être le vieux-francique, avec sa branche occidentale le Vieux néerlandais.

On pouvait auparavant se demander si ce peuple germanique qu'étaient les Francs utilisait - ou même connaissait simplement - les runes.
Il semble bien que cette question ait enfin trouvé sa réponse...

Hans CANY

 

samedi 4 juillet 2020

Roues solaires germaniques


Roues solaires germaniques, dont une avec un remarquable svastika. Ces amulettes de bronze, découvertes en Bavière (Allemagne), étaient sans doute pour certaines fixées sur des supports de cuir ou de tissu, et sont datées des alentours de l'an 600 de l'ère vulgaire.
On notera une frappante similitude entre ces représentations antiques et le symbole connu sous le nom de "Soleil Noir" ("Schwarze Sonne"). Ceux qui affirment de manière péremptoire que ce dernier ne serait qu'une invention récente remontant au IIIème Reich en seront donc pour leurs frais...

HC

dimanche 28 juin 2020

Panthéon celtique : Teutatès, dieu guerrier protecteur de la tribu



Teutatès - ou Toutatis - est aussi connu par des inscriptions sous la forme « Totatus », retrouvée au sanctuaire de Beauclair, en territoire arverne. Teutatès est une forme archaïque ou une variante de Toutatis, il provient de teutã qui a évolué en touta et totã. Le sens est « père de la tribu, de la nation ». C’est le dieu protecteur d’une communauté et de son territoire, avec une connotation guerrière. C’est la même notion que l’on retrouve dans la mythologie celtique irlandaise de tuath (la tribu), avec les Tuatha Dé Danann. Teutatès peut être rapproché du Dagda, et comparé au Mars romain. Cette dernière assimilation fut pratiquée sous le Haut-Empire romain, notamment dans l’île de Bretagne où l'on connaît des inscriptions dédiées à Mars Toutatis.

Les prisonniers de guerre sont sacrifiés à Teutatès par des méthodes cruelles : noyés dans un tonneau ou dans un chaudron de bronze .

Teutatès est décrit comme un guerrier conduisant un char et armé d'une lance, d'une épée, d'un bouclier et d'un casque à cornes de Bélier. Il est lié au passage des morts dans l'au-delà, et au jugement de leurs âmes.

En 2007, l'archéologue Bernard Clémençon a découvert dans les caves du musée Bargoin de Clermont-Ferrand cinq fragments de céramique d'époque gallo-romaine, où figure l'inscription TOTATUS, ces fragments déposés au musée dans les années 1950 proviennent de fouilles effectuées à Herment, (Puy-de-Dôme) sur le site de Beauclair. Ces tessons déposés dans une caisse, n'avaient jamais été examinés complètement auparavant. Un vase découvert lui aussi à Beauclair, en 1882, par l'archéologue Ambroise Tardieu fut dessiné par ce dernier, sur le dessin on lit aussi le nom de la divinité. Ce vase, déposé au musée, a disparu depuis3.

Le celtologue Joseph Vendryes a émis l'hypothèse qu'il pourrait s’agir d’un adjectif, utilisé pour éviter de prononcer le nom du dieu, conformément au respect d'un tabou. Ce dieu n'étant pas obligatoirement le même d’une tribu à l’autre.

Compte tenu de la faiblesse des sources, il n’est guère possible d’en dire plus.