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jeudi 9 juillet 2020

Construire le Halgadom

" Halgadom, cela veut dire mot à mot : la cathédrale sacrée. [...] Ce temple du Halgadom est à la fois spirituel et matériel . Il appartient à la terre et au ciel, au passé et à l'avenir. C'est le correspondant hyperboréen de l'Arche d'alliance du peuple israélite. C'est le royaume terrestre où va renaître l'esprit de Thulé. [...] C'est l'Empire de tous les Germains. Ceux qui vivent entre le Rhin et la Vistule, entre la Baltique et les Alpes, ne forment que le coeur d'un immense territoire où se trouvent d'autres héritiers de l'antique Thulé.
À cet Halgadom appartiennent non seulement les Allemands, mais aussi bien d'autres Européens : les Scandinaves fidèles à leurs origines nordiques, les Néerlandais, bien plus germains encore que les Allemands, les Britanniques partagés entre Celtes et Saxons, les Français héritiers des Francs et régénérés par les Normands ou les Burgondes, les Italiens qui charrient dans leurs veines le sang des Lombards, les Espagnols qui portent encore tant d'empreintes des Wisigoths. Et aussi les Russes, dont la patrie fut fondée par les Varègues suédois, ces Vikings des fleuves et des steppes. "

Jean MABIRE
Thulé : le Soleil retrouvé des Hyperboréens

mercredi 8 juillet 2020

Des runes et des Francs



On a longtemps cru que les Francs, avant leur intégration au monde romanisé, ignoraient l'écriture. Or, la découverte d'une inscription runique gravée sur le cadre métallique d'un fourreau d'épée, effectuée en 1996 e.v. dans un champ à Bergakker, aux Pays-Bas, est venue balayer cette croyance erronée. Cette inscription en langue franque (francique, ou vieux-francique), datée d'environ 425-450 e.v. correspond, à une rune près, à l'ancien Futhark.

Le philologue Bernard Mees en donne la lecture suivante : haþuþȳwas ann kusjam logūns, ce qui d'après son interprétation correspond au néerlandais moderne : « (van) Haþuþȳw. Ik(hij?) gun(t) een vlam (zwaard) aan de uitverkorenen », ce qui pourrait signifier: "de la part de Hathuthuuw. Je souhaite cette épée à l'élu????" ("Que cette épée, qui appartient à moi Hathuthuuw, transperce celui dont ce sera le destin ????"); il admet toutefois que le sens d'un certain nombre de caractères n'est pas très clair. Il souligne ensuite que la forme des mots présente toutes les caractéristiques qui correspondent à ce qui devait être le vieux-francique, avec sa branche occidentale le Vieux néerlandais.

On pouvait auparavant se demander si ce peuple germanique qu'étaient les Francs utilisait - ou même connaissait simplement - les runes.
Il semble bien que cette question ait enfin trouvé sa réponse...

Hans CANY

 

jeudi 2 juillet 2020

Mémoire franque et censure ecclésiastique

Si le zèle fanatique et les actes sanguinaires du grand massacreur de païens que fut Charlemagne n'inspirent guère la sympathie, il n'en reste pas moins qu'au-delà de l'aliénation culturelle qui en avait fait le bras armé de l'Eglise chrétienne, il gardait malgré tout une certaine conscience de ses origines, comme la volonté d'en perpétuer le souvenir. Et c'est sous la plume de son biographe Eginhard (770-840) que l'on apprend ceci :

"Les très anciens poèmes barbares qui chantaient les faits et les guerres des rois du passé, il les fit mettre par écrit, les confiant ainsi à la mémoire des hommes. Il fit aussi commencer une grammaire de la langue de ses ancêtres."
(Vie de Charlemagne, P. 67)

 
Il s'agissait bien sûr du francique, langue germanique maternelle de l'empereur, qu'il jugeait donc digne d'être non seulement écrit, mais même codifié. Quant aux "très anciens poèmes barbares", il s'agissait de toute évidence d'une forme de littérature épique franque, proche des poèmes héroïques de l'Edda. Malheureusement pour nous, les autorités ecclésiastiques, fort peu désireuses de transmettre le souvenir embarrassant de racines païennes, se sont par la suite bien gardées de conserver de tels écrits... Aussi les firent-ils partir en fumée en toute discrétion, anéantissant à tout jamais un pan unique de la tradition culturelle franque.Sans la brève mention qu'en fit Eginhard, sans doute ne saurions-nous tout simplement rien de ces écrits perdus, et n'en soupçonnerions-nous pas même l'existence.
 
Il faut bien le dire : dès lors qu'il s'agit de tuer la mémoire, de falsifier l'histoire et de masquer les origines, les religions du désert ont toujours su accomplir des miracles...
 

Hans CANY